Mode d’emploi des bonnes manières parisiennes

Fraise Sucrée, bonjour !

Mode d'emploi des bonnes manières parisiennes
Mode d'emploi des bonnes manières parisiennes
Photo : The Viennese Girl

Mode d’emploi des bonnes manières parisiennes

Pourboires 

À Paris, le service est compris, ce qui n’empêche pas de laisser un pourboire au garçon de café (somme arrondie à l’euro supérieur), au taxi (idem, en précisant de garder la monnaie), au coiffeur (entre 5 et 10€), au livreur (5€ minimum), au guide touristique (à discrétion). Au restaurant, on consentira entre 5 et 10 % du montant de l’addition, déposés sur la table ou cachés dans le portefeuille de table. À l’hôtel, on laisse un pourboire au bagagiste, au concierge et, en chambre, à l’employée d’étage (billet de 20€ dans une enveloppe déposée sur l’oreiller ou la table de nuit). Enfin, savoir que quand le Parisien, déjà pingre, n’est pas content, il laisse en général 10 centimes, somme méprisable. 

 

Tenues de circonstance 

Rayon femme, si le total look et l’over look n’ont jamais eu droit de cité, l’accessoirisation, graduelle au gré des heures et des événements de la journée, est fortement encouragée : c’est la base même du style de la Parisienne. Inimitable, enviable, jamais incongru, nonobstant cette tendance durable à « l’effortless« , franchement décourageant. Rayon homme, la coquetterie reprend du service et dépasse désormais celle de la femme. Dehors de 8h à 23h, repassant rarement par la maison pour se changer, les Parisiens misent sur la polyvalence d’un vestiaire basique acceptable en toutes circonstances. En revanche, ils font assaut d’élégance lors des cocktails et vernissages, et s’arrangeront toujours pour détourner le formalisme imposé par le carton d’invitation, histoire de ne pas être confondus avec les serveurs, leur hantise fondamentale. Généralement tenue pour une plaie, l’invitation à un mariage plonge le Parisien dans un spleen insondable. Monsieur filera acheter un costume sombre – et pas un smoking ! Madame portera un chapeau, des gants. Ils assistent obligatoirement à la cérémonie, donnent au moins 10€ à la quête, félicitent les épousés, ne critiquent personne (un exploit) et, à la sortie, ne klaxonnent pas (ils n’ont plus de voiture). « Tenue décontractée » signifie qu’aucune exigence particulière n’est requise, mais on évitera d’être justement trop décontracté (jogging, legging, coupe-vent Nylon, pull en coton…). « Tenue de ville » signifie tenue habillée (Robe cocktail pour elle ; costume pour lui). « Tenue habillée » et « black tie » signifie qu’il faut passer en mode robe longue et smoking. 

 

Merci beaucoup 

Pour de nombreux Parisiens, la politesse se résume au BAM (bonjour-au-revoir-merci), formule de management de supermarché et équivalente au service minimum à La Poste un jour de grève. Les Parisiens remercient généralement d’un « merci » laconique, presque pincé, voire condescendant. « Merci beaucoup » s’adresse volontiers aux étrangers envers qui on a décidé d’être aimable. « Merciiiiii« (un brin geignard) et « Oh ! Merci » (genre, il ne fallait pas)expriment l’affection, subito suivis d’un « Je t’adore » : largement exprimé après une invitation (café, repas) ou la remise d’un petit cadeau inattendu. Plus péremptoire et sans appel, « S‘il vous plaît, merci » tend à clore un achat ou le règlement d’une addition. On est pressé, mais on reste poli. 

 

La bonne attitude au bon moment 

Même s’ils prétendent s’en moquer, les Parisiens se piquent d’observer les règles du savoir-vivre en société. Le « Bonjoouurrr » enjoué est réservé au cercle des rencontres professionnelles. Le « Comment allez-vous ? » Qui suit indique que l’on veut entendre que de bonnes nouvelles. « Ça vaaah? » Signifie que l’on est au courant des soucis et bobos de l’autre, qui peut en parler et se confier. Les Parisiens saluent d’une franche poignée de main ceux et celles qu’ils ne connaissent pas en énonçant leur propre prénom. Autre défaut : ils ne regardent pas l’autre en face comme s’ils évitaient d’être jugés (il y a souvent de quoi).Jamais ils ne se présentent pas leur nom de famille, usage réservé aux commerciaux et aux ploucs. 

 

Les Parisiens embrassent tout le monde, même ceux qu’ils détestent. C’est un automatisme. Deux bises – une sur chaque joue – de rigueur. Trois, c’est province ; quatre, c’est banlieue. Depuis quelques années, les hommes s’y sont mis entre eux, ponctuant leurs bises d’un « salut ma poule » destiné à démontrer qu’ils ne sont pas dupes. Ni gays. Pour ces derniers, la tendance est à l’accolade à l’anglo-saxonne, genre bearhug. La pire des salutations reste « tiens tu es là, toi ? « , traduisant à la fois mépris et bannissement social. 

 

À éviter absolument 

Arriver à l’heure pile à un rendez-vous amical ou à un dîner : on applique la règle du quart d’heure sans présenter ses excuses pour le retard. Juste dire :« merci de m’avoir attendu(e)« . Souverain. 

Embrasser quelqu’un rencontré peu auparavant (réunion, colloque, conférence) même si l’empathie a été notable. C’est embarrassant, voire choquant. La politesse des uns sera toujours une impolitesse pour les autres. 

Donner sa carte de visite quand on ne l’a pas demandée. Lors d’une réunion ou d’un rendez-vous, on évite aussi de donner sa carte en la plaquant sur la table, en pointant de son index son nom et sa fonction. En cas d’échange formel de cartes, il est aussi mal élevé de se précipiter pour déchiffrer son contenu que de retourner une assiette à peine assis à table. 

Ne pas remercier qui vous tient la porte : râlant sans cesse contre la mauvaise éducation de ceux qui l’entourent, le Parisien agonira d’injures celui qui n’aura pas dit merci quand, un jour de grande bonté, il lui aura, exceptionnellement, tenu la porte. 

Laisser entrer une femme la première dans un restaurant. Rare dérogation – avec la montée d’un escalier – à la règle d’or qui veut qu’il s’efface toujours devant une femme, l’homme entre toujours le premier dans un bar ou un restaurant. 

 

À la bonne heure ! 

Savoir que le Parisien ne mange jamais : il déjeune ou il dîne. Il arrive au restaurant entre 12h45 et 13h30 pour déjeuner et entre 20h30 et 21h pour dîner.Au café, le matin, il peut siroter un expresso ou un crème jusqu’à 11h, après quoi, il sera chassé par les serveurs qui dressent les tables du déjeuner : le thé, citron pressé ou Perrier rondelle sont de mise à partir de 16h. Les cocktails dînatoires durent de 19h à 20h30. 

En cas d’invitation à domicile, il est d’usage de se voir proposer une date entre trois et cinq semaines à l’avance. L’improviste est accepté au minimum le lundi pour le jeudi, mais il faut alors savoir que ce sera à la bonne franquette. Obligatoire : envoyer à chacun par sms adresse, codes, étage, etc. Après dîner, l’heure de départ tourne raisonnablement autour de 23h30, après débat sur les applis de VTC. 

Shopping à Paris : Alexis Mabille

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Beauté à Paris : Alain, Maitre Barbier

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