Paris Secret : Le tempo du Parisien

Quelle heure est-il ?

Paris Secret : Le tempo du Parisien
Paris Secret : Le tempo du Parisien
Photo : The Viennese Girl

Paris : Le tempo du Parisien 

Déambulations 

Les Parisiens qui ne sont pas à deux-roues courent le matin, le soir. Tout du moins, ils marchent vite, chargés de sacs de tout acabit. Ils sont habillés de noir, de sombre, de foncé par paresse et aussi « parce que la ville est cradingue« . Inversement, ils mettront du beige les jours de beau temps et clameront alors haut et fort qu’ils a-dôô-rent déambuler dans Paris, formule polie pour dire qu’ils ne travaillent pas. Idem pour ceux qui disent a-dôô-rer prendre le métro :comprendre permis retiré, vélo ou scooter volé, ou dèche passagère, etc. 

Pressé, stressé, très occupé, débordé, le Parisien est majoritairement une Parisienne, célibataire, aimant sortir et n’ayant pas froid aux yeux sous son casque – oui, elle aussi roule à scooter. « Être de Paris ce n’est pas fatalement y avoir vu le jour, mais c’est y voir clair », aimait à dire Sacha Guitry. Du coup, lunettes noires pour tout le monde ! Même quand il n’y a pas de soleil. Surtout quand il n’y a pas de soleil, genre mes-nuits-sont-plus-belles-que-vos-jours. 

Une journée de travail 

Le matin, les Parisiens qui ne sont pas morningophiles (debout dès 5h pour aller à la gym ou méditer en touillant du muesli bio au yaourt de chèvre naine) se lèvent en retard. Ils ne petit déjeunent pas et avalent un café au comptoir, jamais assis. Exception faite des cols blancs qui raffolent du petit-déjeuner d’affaires à l’hôtel, même s’il est réduit à un double-crème et une brioche – il est ardu et très mal vu de parler affaires un croissant entre les dents. 

Bureau : la journée débute vers 9h30 devant la machine à café. L’heure du déjeuner s’étale de 12h30 à 15h selon la profession, les obligations et le business. Ou « cardio-trainée » à la salle de gym fréquentée en fanfare de septembre à novembre et délaissée ensuite jusqu’à avril – horizon maillot-abdosoblige. 

L’après-midi sera industrieux à moins que les RTT, le temps partiel, la procrastination, les rendez-vous extérieurs à l’autre bout de la ville ne jettent les Parisiens dans la rue. Sinon, les cadres travaillent tard le soir – il faut bien rattraper les trois heures du déjeuner ! 

La soirée 

Les Parisiens filent généralement du bureau au spectacle ou au restaurant, ce qui explique qu’assister à un opéra ou à un concert n’exige plus qu’ils soient vêtus pour la circonstance – seuls les touristes un brin dépassés et les retraités s’habillent pour l’opéra ou le théâtre. 

Si la happy hour a pris auprès des plus jeunes, l’apéritif n’est pas plus considéré que cela par les Parisiens de plus de trente ans qui ne voient aucun avantage à réclamer en vain trois cacahuètes pour éponger un Perrier rondelle au prix du pomerol. 

Arrive l’heure du dîner, sport parisien s’il en est. Pour les Parisiens dignes de ce rang, un vrai dîner est un dîner annulé. 
Au dernier moment. Prétexte : la réunion de 20h30, autre sport national parisien. Tendance à rebours constatée auprès des jeunes quinquas actifs qui ont passé l’âge du workaholism : dîner à 20h, « comme les Allemands », au prétexte qu’on sera au lit plus tôt. Raison avancée : « à cette heure, il y a toujours de la place dans les restaurants. » Motifs officieux : « Au moins, on croise d’autres gens que ces bobos odieux qui envahissent tout. » L’horaire fait tache d’huile : même pour un dîner chez des amis, le 20h devient incontournable. Et la tisane chic remplace le digestif… 

Les Parisiens sortent le mardi, journée calme et soirée assortie, évitent d’aller au cinéma le mercredi, jour de sortie des films, ratissent les vernissages le jeudi, devenu soirée officielle en la matière, puis fichent le camp le vendredi à la campagne pour rentrer le dimanche soir tard. En gros, la vie mondaine du Parisien se concentre sur trois soirées, du mardi au jeudi. Tendance émergente : le dîner bref du lundi chez les amis proches, « histoire de bien commencer la semaine ». 

Le Week-End 

Ceux qui sont restés passent le week-end à se rattraper culturellement en ratissant les expos, à chiner aux puces ou dans les innombrables déballages ou à aller au cinéma à la séance de 10h ou de midi. Prédilection ensuite pour le déjeuner amical et informel du samedi entre 13h30 et 14h devant un croque-monsieur. Le soir, la banlieue est de sortie. Les Parisiens ne mettent pas le nez dehors, consentant tout juste à dîner les uns chez les autres, mais dans le même quartier, pour éviter le stress du retour et la foule des lascars. 
 
Le dimanche, journée honnie s’il en est, quand ils ne sont pas de corvée gigot-flageolets chez leurs parents – c’est plus fréquent qu’il n’y paraît -, les Parisiens vont au marché comme à confesse, en prenant des mines gourmées devant les légumes oubliés. D’autres tentent encore le brunch, tentative désespérée de socialiser entre néofamilles propriétaires de poussettes pliables et cyclistes hétéro-friendly adeptes de la vasectomie, mais tous affligés d’intolérances alimentaires plus ou moins inventées. Nouvelle lubie dominicale : le goûter. Régressif et plus économique qu’un déjeuner ou un dîner. Pour une fois, les Parisiens adorent les tranches de cake, mais sans gluten. 

En période de vacances scolaires (Noël, février, Pâques, Toussaint, les ponts de mai même quand il n’y en a pas…), la ville se vide littéralement : on circule mieux, il y a de la place dans les restaurants, ceux qui sont restés sont miraculeusement plus aimables, plus disponibles. 

Dès le mois de mai et jusqu’en septembre, les Parisiens sautent dans les TGV pour « se faire des p’tits week-ends » chez les cousins de Cap-Ferret ou de Marseille. Ils mettent en général 22 heures pour revenir, à cause des caténaires volées, des grèves et des inondations. Ceux qui sont restés ricanent. Les Parisiens, envieux, a-dôô-rent persifler. 

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Informations pratiques : La communication à Paris

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Shopping à Paris : Alexandra Sojfer

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